La personnalisation du cursus que dispense la scolarité des Ateliers permet à l’élève de construire son regard et sa méthode de travail en fonction de ses acquis et de ses besoins : son mémoire doit être le reflet de cette construction, tant dans son propos que dans sa forme. Il me semble donc important de vous livrer les objectifs que j’ai cherchés à atteindre lors de ce travail. Ce mémoire ne traduit pas une réflexion d’ordre philosophique ou sociologique, mais résulte d’un questionnement sur le processus de design au travers de l’étude d’une problématique qu’est la conduite de la voiture. Cette pratique met en jeu un objet suscitant à la fois espoirs et frustrations, paradoxe qui me semblait typique de notre société, et donc intéressant à traiter. Ce sont les comportements engendrés par la conduite qui m’ont interpellé, tant ils sont variés et inattendus chez une même personne, et à l’échelle d’un groupe. À cela s’ajoute le besoin de comprendre l’apport de mes études scientifiques précédentes (écologie et biochimie) dans la méthode de travail que j’ai développée et dans ma manière d’aborder une problématique de design. Ce fut pour moi l’occasion de faire le bilan de l’apprentissage du métier que je souhaite exercer, d’en définir les contours, les enjeux et la place qu’il prend dans la chaîne d’élaboration d’un produit : comprendre la place du designer, censé anticiper les relations entre un objet et son utilisateur, et donc la portée de son discours et de ses actes. Ayant la conviction que le travail de design doit être engagé dès les premières phases d’élaboration d’un produit industriel, et non confiné à la définition d’une apparence formelle entre les requis du marketing et ceux du bureau d’études, il m’a semblé opportun de sonder la qualité du regard qu’un designer peut porter sur ce qui l’entoure. Cette première phase d’observation est le point de départ du processus de design, et sa qualité conditionne les étapes ultérieures, jusqu’au résultat : je me suis attaché à mieux la comprendre en mettant en place une méthodologie de l’observation.
Ce mémoire se compose de cinq points de vue croisés sur le problème de la conduite, cinq coups de projecteur sur un sujet unique, les uns permettant de révéler à la lumière les aspects que l’ombre des autres auraient occultés.
La transcription de ce travail se présente sous forme de plusieurs petits livrets qui ne sont pas chronologiques, mis à part la conclusion.